Pneumothorax et drain thoracique

Le poumon est entouré d’une enveloppe, la plèvre qui est composée de deux feuillets. Ces deux feuillets forment une cavité virtuelle. Le pneumothorax se définit par la présence anormale d’air entre les deux feuillets de la plèvre qui enveloppe le poumon.

C’est une pathologie relativement fréquente qui peut constituer une urgence vitale.

Le pneumothorax peut être idiopathique, c’est-à-dire sans anomalie pulmonaire pré-existante, ou secondaire à une maladie du poumon ou à un traumatisme (par fracture de côte).

Le pneumothorax idiopathique survient plutôt chez le sujet jeune (20 à 40 ans) grand, longiligne, qui n’a pas de maladie pulmonaire connue (9 pour 100 000 hommes par an en France). Il peut aussi compliquer une maladie chronique ou un traumatisme.

À l’état normal, les mouvements de la cage thoracique sont transmis au poumon, permettant l’entrée d’air dans le poumon lorsque le thorax se gonfle sous l’influence du diaphragme qui s’abaisse et des muscles qui élargissent le diamètre de la cage thoracique.

Quand nous respirons, la pression entre les deux feuillets de la plèvre est négative par rapport à la pression des alvéoles pulmonaires. Si une communication s’établit, l’air va diffuser dans l’espace pleural : c’est le pneumothorax. Le parenchyme pulmonaire se rétracte alors sur lui-même.

Le défaut de respiration qui en résulte va entraîner l’essoufflement, la rétraction du poumon provoquant la douleur.

L’évolution naturelle de cette fuite est de se boucher spontanément et la quantité d’air introduit entre les plèvres, si elle n’est pas trop abondante, va se résorber en quelques jours.

Dans certains cas, il se crée une sorte de soupape qui permet à l’air de pénétrer un peu plus à chaque aspiration, mais qui l’empêche de sortir lors de l’expiration : dans ce cas, le pneumothorax augmente au fil des heures jusqu’à ce que la quantité d’air très importante vienne comprimer l’autre poumon, réalisant le pneumothorax compressif. Enfin, le décollement du poumon peut entraîner une blessure qui va saigner dans le thorax pour réaliser l’hémo-pneumothorax.

La radiologie pulmonaire est réalisée de face debout en inspiration profonde. Elle mettra en évidence une disparition de la trame pulmonaire, formant alors une hyper clarté pulmonaire.

Si le pneumothorax est complet, il concerne tout le poumon ; ce dernier sera rétracté au niveau du hile pulmonaire, donnant l’aspect d’un poumon en aile de papillon.

Dans le cas de pneumothorax spontané de petite taille survenant chez un sujet jeune et qui ne concerne que le sommet du poumon, le repos va être la seule recommandation à condition que l’information qui lui a été donnée soit claire pour lui et qu’il consulte au moindre doute. Un contrôle radiologique sera réalisé à distance. La fuite se bouche, l’air se résorbe spontanément en quelques jours à trois semaines.

Le drainage – utilisé pour les pneumothorax plus importants – consiste à introduire, sous anesthésie locale, un tuyau de 10 mm de diamètre entre les côtes, relié à un système d’aspiration continue. Ce traitement s’adresse au pneumothorax complet, au pneumothorax mal supporté, par exemple chez un bronchiteux chronique, ou en cas de pneumothorax compressif. Le patient doit rester dans un lit à l’hôpital, sous surveillance. Cette aspiration est maintenue en place pendant vingt-quatre heures à quelques jours.

À tous ces traitements, il faut ajouter l’arrêt du tabac.

Après avoir rencontré votre chirurgien, qui a confirmé qu’il fallait bien réparer cette éventration, vous rencontrerez votre anesthésiste qui s’assurera qu’une anesthésie est possible.

La veille de l’opération, vous devez être à jeun à partir de minuit. Si vous prenez des médicaments de façon quotidienne, vous devez en discuter avec votre chirurgien et votre anesthésiste, qui peuvent souhaiter que vous preniez certains de vos médicaments le matin de l’intervention avec un fond d’eau. Si vous prenez de l’aspirine ou des médicaments pour fluidifier votre sang, dites-le à votre chirurgien et votre anesthésiste.

L’équipe de la clinique Charcot (Lyon) vous accueille lors de l’admission, le plus souvent le matin de l’intervention, vérifie les formalités administratives, s’assure qu’il n’y a pas de nouvelle information et que les consignes données avant l’intervention (douche, jeûne, etc..) ont bien été respectées.
Puis on vous conduit en salle d’intervention au bloc opératoire où votre chirurgien et votre anesthésiste entourés de leur équipe vous accueillent et procèdent aux vérifications habituelles (identité, respect des consignes, etc..).

Quand vous serez endormi(e), votre chirurgien aidé d’une caméra et d’instruments passant par des trocarts, va réintégrer le sac faisant éventration dans la cavité abdominale et obturer le trou à l’aide d’une prothèse. Dans l’hypothèse d’une chirurgie dite « classique » (lorsque l’éventration est réparée par des fils de suture) votre chirurgien n’utilisera pas la voie coelioscopique. La durée de l’intervention varie de 20 à 60 minutes et dépend de la difficulté que peut rencontrer votre chirurgien à réduire cette éventration.

Une fois réveillé(e), après quelques heures en salle de réveil, vous regagnez votre chambre. Une infirmière du service s’assure que vous n’avez pas trop mal, que vous n’avez pas de nausées ou de vomissements, que progressivement vous reprenez vos esprits. Une collation vous est servie. Votre chirurgien passe en fin de journée s’assurer que vous allez bien, autorise votre sortie le cas échéant et vous donne les consignes post-opératoires.

La technique de cette intervention est précise mais comme pour toute intervention certaines complications peuvent survenir : une réaction à l’anesthésie, un saignement, une plaie d’un organe thoracique (poumon).

La fuite pulmonaire entraînant le bullage prolongé du drain et donc un prolongement du séjour, est assez fréquente. Parfois le patient gardera un défaut d’accolement du sommet du poumon qui ne se recolle parfois pas parfaitement. C’est sans gravité et n’empêche généralement pas de quitter l’hôpital.

La  liste des complications décrites n’est pas exhaustive, mais il est important de comprendre qu’un des objectifs de la consultation préopératoire est de permettre à votre chirurgien  de mettre en balance les risques que vous prendriez en n’étant pas opéré avec les risques inhérents à une intervention. Si une indication opératoire a été retenue, à l’inverse de la chirurgie esthétique, c’est très vraisemblablement qu’il y aurait plus de risques à surseoir à une intervention.

En cas de doute de votre part, n’hésitez pas à demander des précisions à votre chirurgien.

Habituellement, cette intervention est peu douloureuse et la douleur répond bien aux antalgiques simples (paracétamol et anti-inflammatoire) qui vous seront prescrits lors de votre séjour et à votre sortie de l’hôpital.

Vous pouvez reprendre progressivement vos activités quotidiennes et une activité légère. Vous pourrez boire et manger dès le soir de l’intervention.

Dans un premier temps, le drain thoracique sera mis en aspiration afin de recoller le poumon à la paroi thoracique. Tous les jours, une radiographie pulmonaire sera réalisée afin de s’assurer que le poumon se recolle bien. Puis nous arrêterons l’aspiration sur le drain thoracique et une radiographie pulmonaire quotidienne nous permettra de juger de la capacité du poumon à adhérer spontanément (sans aspiration) à la paroi thoracique. Enfin nous procéderons à l’ablation du drain thoracique. Après une dernière radiographie pulmonaire nous autoriserons votre sortie. La durée d’hospitalisation varie entre 4 à 8 jours.

Un arrêt de travail de 2 à 4 semaines vous sera prescrit (en tenant compte des particularités de votre travail)

Un mois après l’intervention, vous vous présentez à votre consultation post opératoire avec une radiographie pulmonaire de contrôle. Votre chirurgien vous autorisera alors à reprendre vos activités physiques et sportives.

Pour vous assurer un prompt rétablissement, nous attirons votre attention sur quelques points importants.Reprenez une activité très légère, la marche est autorisée, évitez de conduire pendant 5 jours.Il est normal que la région opératoire soit douloureuse au début et restera sensible quelques temps. Ceci ne doit pas vous empêcher de bouger, marcher et de réaliser les actes de la vie quotidienne. Il est préférable d’arrêter de fumer.

 

  1. Précautions
  • Il est conseillé de prendre des douches (le bain est à proscrire pendant un mois).
  • Ne portez pas de charges lourdes (pendant au minimum un mois).
  • En cas d’exposition au soleil, prévoyez des protections contre les UV (crème écran total) la meilleure solution reste le port de vêtement propre afin de recouvrir la cicatrice.
  • Evitez la pratique du sport jusqu’à la prochaine consultation.
  • La plongée, le saut en parachute et l’utilisation d’intruments de musique à vent sont définitivement déconseillés. Les voyages en avion sont à éviter pendant deux mois.

 

  1. Les pansements
  •  Il faut laisser les cicatrices à l’air. Il n’y a pas lieu de faire venir une infirmière.
  • Les fils sur votre cicatrice sont non résorbables, ils peuvent être mouillés. Après votre douche, séchez les cicatrices par tamponnement avec une serviette propre. Nous procéderons à l’ablation de ces fils lors de la consultation post opératoire.

 

  1. Régime alimentaire

L’alimentation peut être reprise sans restriction.

Pour vous assurer un prompt rétablissement, nous attirons votre attention sur quelques points importants. Reprenez une activité très légère, la marche est autorisée, évitez de conduire pendant 5 jours. Il est normal que la région opératoire soit douloureuse au début et restera sensible quelques temps. Ceci ne doit pas vous empêcher de bouger, marcher et de réaliser les actes de la vie quotidienne. Des douleurs dans les épaules, sous les côtes, sont possibles également. Elles sont liées au gaz nécessaire à la coelioscopie et doivent disparaître en 2 à 3 jours.

Fumer augmente le risque de complications chirurgicales. Arrêter de fumer 6-8 semaines avant l’intervention élimine ce risque supplémentaire. Si vous fumez, parlez-en à votre médecin, votre chirurgien et votre anesthésiste ou appelez la ligne Tabac-Info-Service au 39 89 pour vous aider à réduire les risques et mettre toutes les chances de votre côté.
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