Éventration

Une éventration est une saillie d’une partie du contenu de l’abdomen au travers d’une ancienne cicatrice.

Elle apparaît sous la forme d’un gonflement (boule ou tuméfaction) localisé sur une cicatrice qui augmente de taille à l’effort et à la toux. L’examen clinique de votre médecin ou de votre chirurgien pourra confirmer le diagnostic. Une échographie de la paroi abdominale ou un scanner peuvent parfois être réalisés mais ce n’est pas systématiquement nécessaire.

Une fois une éventration apparue, elle augmente progressivement de taille et ne disparaît jamais spontanément.

Le principal risque d’une éventration est l’étranglement de ce qu’elle contient (de l’intestin) à l’origine d’une occlusion intestinale aiguë nécessitant une intervention en urgence. C’est pour éviter la survenue de cette complication grave, qu’il convient de procéder à cette intervention.

L’intervention consiste à repositionner le contenu du sac herniaire (apparaissant sous la forme d’une boule ou tuméfaction) dans la cavité abdominale et à obturer le trou.

Pour cela nous disposons de 2 techniques :

  • Une technique classique et ancienne de rapprochement des muscles de la paroi musculaire par des fils de suture.
  • Une technique plus récente dite « sans tension » qui nécessite l’interposition d’une plaque prothétique très souple. La prothèse est souple, s’intègre aux muscles et il n’y a pas de rejet.
  • La technique avec prothèse procure de meilleurs résultats en terme de confort post-opératoire, est moins douloureuse, et elle réduit le taux de récidive.

Pour mettre en place cette prothèse, nous disposons de 2 voies d’accès :

  • La voie classique par une incision en regard du gonflement réalisant une cicatrice de 5 à 10 cm environ.
  • La voie plus moderne par coelioscopie (3 incisions d’un centimètre) qui présente l’intérêt d’être très peu agressive, elle réduit les douleurs post-opératoires et permet une reprise rapide des activités quotidiennes.

Compte tenu de ces éléments nous réalisons, le plus souvent, la réparation de l’éventration en utilisant une prothèse, par voie cœlioscopique et le plus souvent en ambulatoire (admission le matin et sortie le soir de l’intervention). En fonction de l’importance de l’éventration, votre chirurgien peut être amené à combiner les techniques et privilégier une hospitalisation de quelques jours.

Après avoir rencontré votre chirurgien, qui a confirmé qu’il fallait bien réparer cette éventration, vous rencontrerez votre anesthésiste qui s’assurera qu’une anesthésie est possible.

La veille de l’opération, vous devez être à jeun à partir de minuit. Si vous prenez des médicaments de façon quotidienne, vous devez en discuter avec votre chirurgien et votre anesthésiste, qui peuvent souhaiter que vous preniez certains de vos médicaments le matin de l’intervention avec un fond d’eau. Si vous prenez de l’aspirine ou des médicaments pour fluidifier votre sang, dites-le à votre chirurgien et votre anesthésiste.

L’équipe de la clinique Charcot (Lyon) vous accueille lors de l’admission, le plus souvent le matin de l’intervention, vérifie les formalités administratives, s’assure qu’il n’y a pas de nouvelle information et que les consignes données avant l’intervention (douche, jeûne, etc..) ont bien été respectées.
Puis on vous conduit en salle d’intervention au bloc opératoire où votre chirurgien et votre anesthésiste entourés de leur équipe vous accueillent et procèdent aux vérifications habituelles (identité, respect des consignes, etc..).

Quand vous serez endormi(e), votre chirurgien aidé d’une caméra et d’instruments passant par des trocarts, va réintégrer le sac faisant éventration dans la cavité abdominale et obturer le trou à l’aide d’une prothèse. Dans l’hypothèse d’une chirurgie dite « classique » (lorsque l’éventration est réparée par des fils de suture) votre chirurgien n’utilisera pas la voie coelioscopique. La durée de l’intervention varie de 20 à 60 minutes et dépend de la difficulté que peut rencontrer votre chirurgien à réduire cette éventration.

Une fois réveillé(e), après quelques heures en salle de réveil, vous regagnez votre chambre. Une infirmière du service s’assure que vous n’avez pas trop mal, que vous n’avez pas de nausées ou de vomissements, que progressivement vous reprenez vos esprits. Une collation vous est servie. Votre chirurgien passe en fin de journée s’assurer que vous allez bien, autorise votre sortie le cas échéant et vous donne les consignes post-opératoires.

Cette opération est fréquente, la technique de cette intervention est précise, mais comme dans toute intervention certaines complications peuvent survenir : une réaction à l’anesthésie, un saignement, une plaie d’un organe abdominal, une inflammation des muscles sur lesquels est fixée la prothèse, un hématome de paroi ou une infection de la prothèse. Lors de l’intervention, l’apparition d’une complication inattendue peut conduire votre chirurgien à modifier l’intervention initialement prévue afin de tout mettre en œuvre pour remédier aux difficultés rencontrées.

L’abord coelioscopique peut également être converti en laparotomie (chirurgie classique par une cicatrice).

La liste des complications décrites n’est pas limitative, mais il est important de comprendre qu’un des objectifs de la consultation préopératoire est de permettre à votre chirurgien de mettre en balance les risques que vous prendriez en n’étant pas opéré avec les risques inhérents à une intervention. Si une indication opératoire a été retenue, à l’inverse de la chirurgie esthétique, c’est très vraisemblablement qu’il y aurait plus de risques à ne pas réaliser cette intervention (étranglement de cette éventration). En cas de doute de votre part, n’hésitez pas à demander des précisions à votre chirurgien.

Habituellement, cette intervention est peu douloureuse et la douleur répond bien aux antalgiques simples (paracétamol et anti-inflammatoire) qui vous seront prescrits lors de votre sortie de l’hôpital.

Vous pouvez reprendre progressivement vos activités quotidiennes et une activité légère (marcher le soir de l’intervention, conduire 4 à 5 jours après l’intervention)

Vous pourrez boire et manger dès le soir de l’intervention. Il n’y a pas de régime alimentaire particulier. Vous porterez une ceinture de contention abdominale (prescrite et achetée avant l’intervention) pendant un mois.

Un arrêt de travail de 2 à 4 semaines vous sera prescrit (en tenant compte des particularités de votre travail).

Des douleurs sous les côtes ou vers les épaules peuvent apparaître dès le lendemain de l’intervention. Elles sont dues au gaz nécessaire à la coelioscopie. Ces douleurs disparaissent toujours en 24-48 heures.

Un mois après l’intervention, vous vous présentez à votre consultation post opératoire. Votre chirurgien vous autorisera alors à reprendre vos activités physiques et sportives.

Vous devez absolument contacter votre chirurgien en cas de fièvre persistante, de douleurs abdominales qui résistent aux médicaments prescrits après l’intervention, la persistance de nausées ou de vomissements, une toux, des difficultés respiratoires ou un écoulement de liquide par une incision.

Un gonflement au niveau de l’ancienne éventration en règle transitoire peut apparaître après l’intervention. Il s’agit en général d’un sérome c’est-à-dire une poche de liquide dans la zone désormais vide qu’occupait la hernie. Celui-ci régresse en quelques semaines. Un hématome peut également apparaître, il disparaîtra en une dizaine de jours (penser à mettre de la glace sur l’hématome). En cas de doute, n’hésitez pas à en parler.

A votre sortie, sur les documents remis par votre chirurgien et/ou les infirmières du service figurent les coordonnées téléphoniques du secrétariat de chirurgie et le numéro de téléphone du médecin généraliste de garde (7J/7, 24h/24) exerçant à la clinique Charcot (Lyon). Il pourra, s’il le juge nécessaire, vous hospitaliser. N’hésitez pas à nous contacter.

Pour vous assurer un prompt rétablissement, nous attirons votre attention sur quelques points importants. Reprenez une activité très légère, la marche est autorisée, évitez de conduire pendant 5 jours. Il est normal que la région opératoire soit douloureuse au début et restera sensible quelques temps. Ceci ne doit pas vous empêcher de bouger, marcher et de réaliser les actes de la vie quotidienne. Des douleurs dans les épaules, sous les côtes, sont possibles également. Elles sont liées au gaz nécessaire à la coelioscopie et doivent disparaître en 2 à 3 jours.

Fumer augmente le risque de complications chirurgicales. Arrêter de fumer 6-8 semaines avant l’intervention élimine ce risque supplémentaire. Si vous fumez, parlez-en à votre médecin, votre chirurgien et votre anesthésiste ou appelez la ligne Tabac-Info-Service au 39 89 pour vous aider à réduire les risques et mettre toutes les chances de votre côté.
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