Marisque anale

Certaines excroissances de chair peuvent être constatées au niveau de l’anus. Celles-ci peuvent être en rapport avec un remaniement cicatriciel en relief : on parle alors de marisque. Les excroissances peuvent aussi être le témoin d’une inflammation chronique ou d’une fissure anale. Elles peuvent être l’expression d’un glissement du tissu hémorroïdaire de l’intérieur de l’anus.

Les marisques proprement dites sont habituellement non inflammatoires et non douloureuses. Cependant, elles peuvent être source d’une gêne à une bonne hygiène intime, être responsables d’irritation à l’effort ou de démangeaisons. Dans ces situations, il peut être indiqué de les enlever. Les marisques ne sont pas des polypes, elles ne présentent pas de risque de dégénérescence cancéreuse ou de complication. Pour toutes ces raisons, on ne traite que celles qui sont jugées vraiment gênantes.

La chirurgie des marisques repose sur l’ablation de l’élément en relief. Ce geste peut être effectué sous anesthésie locale lorsque la marisque reste localisée et de petite taille ou sous anesthésie générale. On réalise souvent une injection de produit anesthésique sous la zone que l’on souhaite opérer. La plaie formée par l’ablation de la marisque est habituellement de petite taille. Elle peut néanmoins s’étendre parfois dans le canal anal. Elle est en règle superficielle et ne concerne que la peau. Les sphincters de l’anus ne sont pas exposés au moment du geste chirurgical. Certains opérateurs ferment la plaie par des points de sutures, d’autres laissent la plaie ouverte.

Après avoir rencontré votre chirurgien, qui a confirmé qu’il fallait bien traiter chirurgicalement cette marisque, vous rencontrerez votre anesthésiste qui s’assurera qu’une anesthésie est possible.

La veille de l’opération, vous devez être à jeun à partir de minuit. Si vous prenez des médicaments de façon quotidienne, vous devez en discuter avec votre chirurgien et votre anesthésiste, qui peuvent souhaiter que vous preniez certains de vos médicaments le matin de l’intervention avec un fond d’eau. Si vous prenez de l’aspirine ou des médicaments pour fluidifier votre sang, dites-le à votre chirurgien et votre anesthésiste.

L’équipe de la clinique Charcot (Lyon) vous accueille lors de l’admission, le matin de l’intervention, vérifie les formalités administratives, s’assure qu’il n’y a pas de nouvelle information et que les consignes données avant l’intervention (douche, jeûne, etc..) ont bien été respectées.

Puis on vous conduit en salle d’intervention au bloc opératoire, où votre chirurgien et votre anesthésiste entourés de leur équipe vous accueillent et procèdent aux vérifications habituelles (identité, respect des consignes, etc..).

Lorsque vous serez endormi(e), votre chirurgien aidé d’une infirmière, va traiter vos marisques. La durée de l’intervention varie de 20 à 45 minutes et dépend de l’importance et du retentissement de votre marisque. Une anesthésie locale (blocs puddendaux) est systématique réalisée afin de limiter la douleur liée à l’intervention.

Une fois réveillé(e), après quelques heures en salle de réveil, vous regagnez votre chambre. Une infirmière du service s’assure que vous n’avez pas trop mal, que vous n’avez pas de nausées ou de vomissements, que progressivement vous reprenez vos esprits. Une collation vous est servie. Votre chirurgien passe en fin de journée s’assurer que vous allez bien, autoriser votre sortie le cas échéant et vous donner les consignes post-opératoires.

Les complications qui peuvent survenir sont rares et sont principalement représentées par des saignements au niveau du site de l’intervention (le plus souvent précocement après le geste), une infection de la plaie (souvent bénigne et plus tardive) ou un retard de cicatrisation. L’ablation d’une marisque péri-anale n’expose pas à un risque d’incontinence. Des douleurs post-opératoires plus intenses que prévues peuvent imposer d’intensifier le traitement médicamenteux. Une hémorragie post-opératoire est possible, précoce mais aussi plus tardive, entre le 5è et le 12è jour.

Il est donc déconseillé de trop vous éloigner (voyage) pendant les deux premières semaines. La formation d’un « bouchon » malgré les laxatifs peut nécessiter un lavement évacuateur. Une infection locale est rare (<2%), mais peut nécessiter une ré-intervention. Un retard de cicatrisation peut survenir. Enfin une réaction inflammatoire peut entraîner une cicatrisation en léger relief. En cas de doute de votre part, n’hésitez pas à demander des précisions à votre chirurgien.

Le geste est effectué lors de soins externes (la personne quitte l’unité immédiatement après le geste) ou lors d’une hospitalisation ambulatoire (la personne quitte l’unité le jour du geste après quelques heures d’hospitalisation). La cicatrisation est habituellement obtenue dans un délai de 5 à 15 jours après le geste. Des soins locaux simples avec de l’eau et un savon doux sont suffisants. Il n’est pas nécessaire de recourir aux services d’une infirmière. Les douleurs ressenties après le geste chirurgical sont habituellement minimes à modérées.

Elles sont bien contrôlées par des antalgiques simples de type paracétamol. Elles sont bien moins importantes que celles rapportées après une chirurgie des hémorroïdes ou d’une fissure.

Vous devez absolument contacter votre chirurgien en cas de fièvre persistante, de saignements abondants, de douleurs qui résistent aux médicaments prescrits après l’intervention, la persistance de nausées, de vomissements ou des difficultés à uriner. En cas de doute, n’hésitez pas à en parler.

A votre sortie, sur les documents remis par votre chirurgien et/ou les infirmières du service figurent les coordonnées téléphoniques du secrétariat de chirurgie et le numéro de téléphone du médecin généraliste de garde (7J/7, 24h/24) exerçant à la clinique Charcot (Lyon). Il pourra, s’il le juge nécessaire, vous hospitaliser. N’hésitez pas à nous contacter.

Les soins post-opératoires sont simples (nettoyage avec un savon ou un antiseptique à la douche ou en bains de siège, application éventuelle de crème ou de pommade…) et, le plus souvent, ne nécessitent pas l’intervention d’une infirmière. Ces soins vous seront détaillés par votre chirurgien.

Fumer augmente le risque de complications chirurgicales. Arrêter de fumer 6-8 semaines avant l’intervention élimine ce risque supplémentaire. Si vous fumez, parlez-en à votre médecin, votre chirurgien et votre anesthésiste ou appelez la ligne Tabac-Info-Service au 39 89 pour vous aider à réduire les risques et mettre toutes les chances de votre côté.
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