Diverticulite de l’intestin grêle

Les diverticules sont plus fréquents dans le côlon (ou gros intestin) et plus rares sur l’intestin grêle (ou « petit intestin « ) mais pas exceptionnels. Un diverticule est une excroissance, une saillie de la paroi du tube digestif de la grosseur d’un petit pois.

La diverticulite est l’inflammation et l’infection d’un diverticule (qui peut être à l’origine de fièvre et/ou de douleurs abdominales).

Les diverticules peuvent saigner, se boucher et s’infecter (abcès, péritonite), et se perforer et être à l’origine de complications plus ou moins graves. Dans ces conditions, votre chirurgien peut être amené à vous traiter par le jeûne, avec  des médicaments contre la douleur, des antibiotiques, parfois à vous hospitaliser pour vous surveiller ou vous opérer en urgence. C’est notamment pour éviter d’avoir à réaliser une chirurgie lourde de conséquence pour vous (par laparotomie ou grande cicatrice et avec réalisation d’un anus artificiel) que votre chirurgien peut, en fonction de vos antécédents, vous proposer une intervention afin d’éviter que ces épisodes d’infection des diverticules ne se répètent pas et soient potentiellement plus graves et plus compliqués à prendre en charge.

En période de crise (diverticulite), en fonction de vos symptômes (douleurs, fièvre), des résultats de vos prises de sang et des examens d’imagerie, votre chirurgien pourra vous proposer plusieurs traitements pouvant parfois être réalisés à domicile et nécessitant parfois une hospitalisation:

  • Jeûne et médicaments contre la douleur.
  • Jeûne, antibiotiques et médicaments contre la douleur.
  • Jeûne, antibiotiques, médicaments contre la douleur et drainage radiologique d’un abcès.
  • Jeûne, antibiotiques, médicaments contre la douleur et coelioscopie exploratrice (lavage de la cavité péritonéale).
  • Jeûne, antibiotiques, médicaments contre la douleur, coelioscopie exploratrice (lavage de la cavité péritonéale) et résection du segment d’intestin emportant le diverticule à l’origine des symptômes et confection d’un anus artificiel (ou stomie).

C’est pour éviter la réalisation d’un geste chirurgical lourd de conséquence (confection d’un anus artificiel ou stomie) que votre médecin référent et votre chirurgien peuvent vous proposer l’ablation du segment d’intestin grêle emportant le diverticule de l’intestin grêle.

Pour cela nous disposons de 2 techniques :

  • Soit par une technique classique et ancienne par une incision sous le nombril réalisant une cicatrice de 10 à 15 cm environ.
  • Soit une technique plus récente et plus moderne par coelioscopie (3 incisions d’un centimètre chacune) qui présente l’intérêt d’être très peu agressive, elle réduit les douleurs post-opératoires et permet une reprise rapide des activités quotidiennes.

Compte tenu de ces éléments, nous réalisons, le plus souvent, le traitement chirurgical des diverticules de l’intestin grêle par voie coelioscopique au cours d’une hospitalisation de 5 à 7 jours.

Après avoir rencontré votre chirurgien, qui a confirmé qu’il fallait bien enlever ce segment d’intestin grêle portant ce ou ces diverticules qui ont été ou sont à l’origine de douleurs, fièvre, d’abcès ou d’une péritonite, vous rencontrerez votre anesthésiste qui s’assurera qu’une anesthésie est possible.

Vous devez rester à jeun quelques heures avant l’intervention. Si vous prenez des médicaments de façon quotidienne, vous devez en discuter avec votre chirurgien et votre anesthésiste, qui peuvent souhaiter que vous preniez certains de vos médicaments le matin de l’intervention avec un fond d’eau. Si vous prenez de l’aspirine ou des médicaments pour fluidifier votre sang, dites-le à votre chirurgien et votre anesthésiste.

L’équipe de la clinique Charcot (Lyon) vous accueille lors de l’admission la veille de l’intervention lorsque celle-ci est programmée ou en urgence si votre état le justifie, elle vérifie les formalités administratives, s’assure qu’il n’y a pas de nouvelle information et que les consignes données avant l’intervention (douche, jeûne, etc..) ont bien été respectées.
Puis on vous conduit en salle d’intervention au bloc opératoire, votre chirurgien et votre anesthésiste entourés de leur équipe vous accueillent et procèdent aux vérifications habituelles (identité, respect des consignes, etc..).

Lorsque vous serez endormi(e), votre chirurgien aidé d’une caméra et d’instruments passant par des trocarts, va contrôler l’artère vascularisant le segment d’intestin atteint de diverticule(s) et retirer ce morceau d’intestin grêle. A l’image d’un tuyau dont on coupe un morceau au milieu pour le retirer et pour lequel on réalise une soudure qui permet au tuyau d’être réutilisé, votre chirurgien après avoir enlevé le segment d’intestin grêle malade, réalisera une couture afin de remettre en continuité votre intestin.

La durée de l’intervention varie de 1 à 2 heures et dépend de la difficulté que peut rencontrer votre chirurgien en fonction de l’état de votre intestin et de l’inflammation de la cavité abdominale. Une lame peut parfois être mise en place, elle sera retirée progressivement comme la sonde urinaire.

Une fois réveillé(e), après quelques heures en salle de réveil, vous regagnez votre chambre. Une infirmière du service s’assure que vous n’avez pas trop mal, que vous n’avez pas de nausées ou de vomissements, que progressivement vous reprenez vos esprits. Une collation vous est servie. Votre chirurgien passe en fin de journée s’assure que vous allez bien, autorise la reprise progressive de l’alimentation (d’abord quelques boissons puis des aliments solides) et vous donne les consignes post-opératoires. Une hospitalisation de 5 à 7 jours est nécessaire.

Habituellement, cette intervention est peu douloureuse et la douleur répond bien aux antalgiques simples (paracétamol) qui vous seront également prescrits lors de votre sortie de l’hôpital. Vous pourrez vous lever le soir de l’intervention ou au plus tard le lendemain. Vous pourrez boire dès le soir de l’intervention et progressivement reprendre une alimentation normale.

Une convalescence peut parfois être nécessaire.

Une fois à domicile, vous pourrez reprendre progressivement vos activités quotidiennes et une activité légère.

Un arrêt de travail de 2 à 4 semaines vous sera prescrit (en tenant compte des particularités de votre travail)

Des douleurs sous les côtes, vers les épaules peuvent apparaître dès le lendemain de l’intervention. Elles sont dues au gaz nécessaire à la coelioscopie. Ces douleurs disparaissent toujours en 24-48 heures.

Un mois après l’intervention, vous vous présentez à votre consultation post opératoire. Votre chirurgien vous autorisera alors à reprendre vos activités physiques et sportives.

L’ablation d’un segment d’intestin grêle est une intervention fréquente dont la technique est précise, mais comme pour toute opération certaines complications peuvent survenir : une réaction à l’anesthésie, un saignement, une plaie d’un organe abdominal, surtout lorsque la dissection chirurgicale est difficile.

Les modifications locales découvertes lors de l’intervention ou l’apparition d’une complication inattendue peuvent conduire votre chirurgien à modifier l’intervention initialement prévue afin de tout mettre en oeuvre pour remédier aux difficultés rencontrées. L’abord coelioscopique peut également être converti en laparotomie (chirurgie classique par une cicatrice de part et d’autre du nombril). Parfois l’état de votre intestin peut rendre dangereuse pour vous la réalisation d’une couture ou suture qui permettrait le rétablissement de la continuité digestive. Alors, un anus artificiel (ou stomie) temporaire peut être réalisé afin de vous permettre un prompt rétablissement.

L’intestin est « habité » par des millions de bactéries permettant la digestion, il reste un organe fragile. Dans les jours suivant l’intervention, la qualité de la cicatrisation de l’anastomose sur l’intestin grêle (ou suture permettant le rétablissement de la continuité digestive) sera surveillée.

Une fistule (rupture de l’anastomose) sur l’intestin grêle peut survenir dans 5% des cas, selon la littérature scientifique. Cette rupture de l’anastomose peut survenir dans les jours suivant l’intervention et nécessiter une nouvelle opération avec confection d’un anus artificiel temporaire. L’uretère qui conduit l’urine du rein à la vessie est très proche de l’intestin et peut parfois être lésé, nécessitant une prise en charge spécifique.

Un abcès de paroi peut survenir et nécessiter des soins infirmiers.

La liste des complications décrites n’est pas limitative, mais il est important de comprendre qu’un des objectifs de la consultation pré-opératoire est de permettre à votre chirurgien de mettre en balance les risques que vous prendriez en n’étant pas opéré avec les risques inhérents à une intervention. Si une indication opératoire a été retenue, à l’inverse de la chirurgie esthétique, c’est parce qu’il y aurait plus de risques à ne pas réaliser cette intervention. En cas de doute, n’hésitez pas à demander des précisions à votre chirurgien. Les complications décrites peuvent vous angoisser, mais elles restent exceptionnelles grâce à une technique précise.

Vous devez absolument contacter votre chirurgien en cas de fièvre persistante, ou de douleurs abdominales qui résistent aux médicaments prescrits après l’intervention, la persistance de nausées ou de vomissements; une toux qui persiste ou des difficultés respiratoires ou un écoulement par une incision.

A votre sortie, sur les documents remis par votre chirurgien et/ou les infirmières du service figurent les coordonnées téléphoniques du secrétariat de chirurgie et le numéro de téléphone du médecin généraliste de garde (7J/7, 24h/24) exerçant à la clinique Charcot (Lyon). Il pourra, s’il le juge nécessaire, vous hospitaliser. N’hésitez pas à nous contacter.

Reprenez une activité très légère, la marche est autorisée, évitez de conduire pendant 5 jours. Il est normal que la région opératoire soit douloureuse au début et restera sensible quelques temps. Ceci ne doit pas vous empêcher de bouger, marcher et de réaliser les actes de la vie quotidienne.

 

  1. Précautions
  • Il est conseillé de prendre des douches (le bain est à proscrire pendant un mois).
  • Ne portez pas de charges lourdes (pendant au minimum un mois).
  • Sur prescription de votre anesthésiste : port de bas de contention et anticoagulant
  • En cas de laparotomie : une ceinture abdominale vous sera prescrite et devra être portée jusqu’à la prochaine consultation.
  • En cas d’exposition au soleil, prévoyez des protections contre les UV (crème écran total) la meilleure solution reste le port de vêtement propre afin de recouvrir la cicatrice.
  • Evitez la pratique du sport jusqu’à la prochaine consultation.

 

  1. Les pansements
  • Il faut laisser les cicatrices à l’air. Il n’y a pas lieu de faire venir une infirmière.
  • Les fils sur votre cicatrice sont résorbables, ils peuvent être mouillés et disparaîtront seuls. Après votre douche, séchez les cicatrices par tamponnement avec une serviette propre.

 

  1. Régime alimentaire

L’alimentation peut être reprise sans restriction, mais avec modération. Il n’y a pas de régime particulier à suivre.

Fumer augmente le risque de complications chirurgicales. Arrêter de fumer 6-8 semaines avant l’intervention élimine ce risque supplémentaire. Si vous fumez, parlez-en à votre médecin, votre chirurgien et votre anesthésiste ou appelez la ligne Tabac-Info-Service au 39 89 pour vous aider à réduire les risques et mettre toutes les chances de votre côté.
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