Hernies (inguinale, crurale ou fémorale, de la ligne blanche, lombaire)

Une hernie est une saillie d’une partie du contenu de l’abdomen au travers de la paroi abdominale.

Une hernie apparaît chez l’homme comme chez la femme, à tout âge, au travers des muscles de la paroi abdominale. Elle apparaît sous la forme d’un gonflement (boule ou tuméfaction) localisé sur la paroi abdominale qui augmente de taille à l’effort et à la toux. L’examen clinique de votre médecin ou de votre chirurgien pourra confirmer le diagnostic. Une échographie de la paroi abdominale ou un scanner peut parfois être réalisé mais ces examens ne sont pas systématiques.

Il existe différents types de hernies : inguinale, crurale, de la ligne blanche, ombilicale, dite de Spiegel, ou lombaire.

Une fois une hernie apparue, elle augmente progressivement de taille, et elle ne disparaît jamais spontanément.

Le principal risque d’une hernie est l’étranglement de ce qu’elle contient (de l‘intestin le plus souvent) à l’origine d’une occlusion intestinale aiguë nécessitant une intervention en urgence. C’est pour éviter la survenue de cette complication grave, qu’il convient de procéder à cette intervention.

Après avoir rencontré votre chirurgien, qui a confirmé qu’il fallait bien réparer cette hernie, vous rencontrerez votre anesthésiste qui s’assurera qu’une anesthésie est possible.

La veille de l’opération, vous devez être à jeun à partir de minuit. Si vous prenez des médicaments de façon quotidienne, vous devez en discuter avec votre chirurgien et votre anesthésiste, qui peuvent souhaiter que vous preniez certains de vos médicaments le matin de l’intervention avec un fond d’eau. Si vous prenez de l’aspirine ou des médicaments pour fluidifier votre sang, dites-le à votre chirurgien et votre anesthésiste.

L’équipe de la clinique Charcot (Lyon) vous accueille lors de l’admission, le plus souvent le matin de l’intervention, vérifie les formalités administratives, s’assure qu’il n’y a pas de nouvelle information et que les consignes données avant l’intervention (douche, jeûne, etc..) ont bien été respectées.
Puis on vous conduit en salle d’intervention au bloc opératoire, votre chirurgien et votre anesthésiste entourés de leur équipe vous accueillent et procèdent aux vérifications habituelles (identité, respect des consignes, etc..).

Quand vous serez endormi(e), votre chirurgien aidé d’une caméra et d’instruments passant par des trocarts, va réintégrer le sac faisant hernie dans la cavité abdominale et obturer le trou à l’aide d’une prothèse. La durée de l’intervention varie de 20 à 60 minutes et dépend de la difficulté que peut rencontrer votre chirurgien à réduire cette hernie. Un drain de type drain de Redon peut parfois être laissé en place.

Une fois réveillé(e), après quelques heures en salle de réveil, vous regagnez votre chambre. Une infirmière du service s’assure que vous n’avez pas trop mal, que vous n’avez pas de nausées ou de vomissements, que progressivement vous reprenez vos esprits. Une collation vous est servie. Votre chirurgien passe en fin de journée s’assurer que vous allez bien, autorise votre sortie le cas échéant et vous donne les consignes post-opératoires.

Cette opération est fréquente, la technique de cette intervention est précise, mais comme dans toute intervention certaines complications peuvent survenir : une réaction à l’anesthésie, un saignement, une plaie d’un organe abdominal (par exemple l’intestin ou la vessie contenu dans la hernie), une inflammation d’un des testicules (orchite), une irritation d’un nerf (ou nevralgie), un hématome englobant le sexe et disparaissant en quelques jours, ou une infection de la prothèse.

Les modifications locales découvertes lors de l’intervention ou l’apparition d’une complication inattendue peuvent conduire votre chirurgien à modifier l’intervention initialement prévue afin de tout mettre en œuvre pour remédier aux difficultés rencontrées.

L’abord coelioscopique peut également être converti en laparotomie (chirurgie classique par une cicatrice).

La liste des complications décrites n’est pas limitative, mais il est important de comprendre qu’un des objectifs de la consultation pré-opératoire est de permettre à votre chirurgien de mettre en balance les risques que vous prendriez en n’étant pas opéré avec les risques inhérents à une intervention. Si une indication opératoire a été retenue, à l’inverse de la chirurgie esthétique, c’est très vraisemblablement qu’il y aurait plus de risques à ne pas réaliser cette intervention (le risque d’étranglement herniaire). En cas de doute de votre part, n’hésitez pas à demander des précisions à votre chirurgien.

Habituellement, cette intervention est peu douloureuse et la douleur répond bien aux antalgiques simples (paracétamol et anti inflammatoire) qui vous seront prescrits lors de votre sortie de l’hôpital.

Vous pouvez reprendre progressivement vos activités quotidiennes et une activité légère (marcher le soir de l’intervention, conduire 4 à 5 jours après l’intervention)

Vous pourrez boire et manger dès le soir de l’intervention. Il n’y a pas de régime alimentaire particulier.

Un arrêt de travail de 2 à 4 semaines vous sera prescrit (en tenant compte des particularités de votre travail)

Des douleurs sous les côtes ou vers les épaules peuvent apparaître dès le lendemain de l’intervention. Elles sont dues au gaz nécessaire à la coelioscopie. Ces douleurs disparaissent toujours en 24-48 heures.

Un mois après l’intervention, vous vous présentez à votre consultation post opératoire. Votre chirurgien vous autorisera alors à reprendre vos activités physiques et sportives.

Vous devez absolument contacter votre chirurgien en cas de fièvre persistante, de douleurs abdominales qui résistent aux médicaments prescrits après l’intervention, une toux qui persiste ou des difficultés respiratoires; un suintement de liquide par une incision.

Un gonflement au niveau de l’ancienne zone de hernie  peut apparaître après l’intervention. Il s’agit en général d’un sérome c’est à dire une poche de liquide dans la zone désormais vide qu’occupait la hernie. Celui-ci régresse en quelques semaines. Un hématome englobant le sexe peut également apparaître, il disparaîtra en une dizaine de jours (penser à mettre de la glace sur l’hématome). En cas de doute, n’hésitez pas à en parler.

A votre sortie, sur les documents remis par votre chirurgien et/ou les infirmières du service figurent les coordonnées téléphoniques du secrétariat de chirurgie et le numéro de téléphone du médecin généraliste de garde (7J/7, 24h/24) exerçant à la clinique Charcot (Lyon). Il pourra, si il le juge nécessaire, vous hospitaliser. N’hésitez pas à nous contacter.

Pour vous assurer un prompt rétablissement, nous attirons votre attention sur quelques points importants. Reprenez une activité très légère, la marche est autorisée, évitez de conduire pendant 5 jours. Il est normal que la région opératoire soit douloureuse au début et restera sensible quelques temps. Ceci ne doit pas vous empêcher de bouger, marcher, et de réaliser les actes de la vie quotidienne. Des douleurs dans les épaules, sous les côtes, sont possibles également. Elles sont liées au gaz nécessaire à la cœlioscopie et doivent disparaître en 2 à 3 jours.

 

  1. Précautions
  • Il est conseillé de prendre des douches (le bain est à proscrire pendant un mois).
  • Ne portez pas de charges lourdes (pendant au minimum un mois).
  • En cas d’exposition au soleil, prévoyez des protections contre les UV (crème écran total) la meilleure solution reste le port de vêtement propre afin de recouvrir la cicatrice.
  • Evitez la pratique du sport jusqu’à la prochaine consultation.

 

  1. Les pansements
  • Il faut laisser les cicatrices à l’air. Il n’y a pas lieu de faire venir une infirmière.
  • Les fils sur votre cicatrice sont résorbables, ils peuvent être mouillés et disparaîtront seuls. Après votre douche, séchez les cicatrices par tamponnement avec une serviette propre.

 

  1. Régime alimentaire
  • L’alimentation peut être reprise sans restriction mais avec modération.
Fumer augmente le risque de complications chirurgicales. Arrêter de fumer 6-8 semaines avant l’intervention élimine ce risque supplémentaire. Si vous fumez, parlez-en à votre médecin, votre chirurgien et votre anesthésiste ou appelez la ligne Tabac-Info-Service au 39 89 pour vous aider à réduire les risques et mettre toutes les chances de votre côté.
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