Tumeurs du foie

Qu’est-ce que le foie ? Quel est son rôle ?

Le foie est la plus volumineuse des glandes annexes du tube digestif. Il est doté d’une double fonction : il excrète la bile nécessaire à la digestion des graisses et joue un rôle dans le métabolisme du glucose, des protéines et de la coagulation. Il permet la synthèse de nombreuses protéines (ayant un rôle dans la coagulation et ayant un rôle dans le transport d’autres protéines comme l’albumine). Il a un rôle de détoxification, en fait le sang qui arrive au foie en provenance du tube digestif et qui contient le produit de la digestion des aliments n‘est pas utilisable tel quel. Ce sang (qui arrive par la veine porte) doit être filtré par le foie avant de passer dans la circulation générale par les veines sus hépatiques. Le foie occupe la totalité de la partie droite de l’abdomen et pèse environ 1500g. Le foie est capable de se régénérer.

Qu’est-ce qu’une métastase hépatique ?

On parle de métastase hépatique lorsque qu’un groupe de cellules cancéreuses s’est propagé à partir de son lieu d’origine (tumeur primitive colique par exemple) vers une nouvelle partie du corps (le foie).

La chirurgie hépatique des métastases peut être une alternative thérapeutique pertinente dans des cas précis. Les plans de traitement sont conçus de manière à répondre aux besoins uniques de chaque personne atteinte d’un cancer métastatique. Le traitement des métastases hépatiques ayant pour but, d’enlever les métastases afin de prolonger la survie. L’indication d’une telle chirurgie répond à des critères précis qui vous seront détaillés par votre chirurgien.

Dans certains cas, on a recours à la chirurgie pour traiter les métastases hépatiques. Si la personne a plusieurs métastases hépatiques réparties dans la totalité du foie ou que des métastases sont présentes ailleurs dans le corps (poumons, péritoine, etc), on n’envisage généralement pas la chirurgie.

L’ablation chirurgicale d’une métastase hépatique (résection hépatique ou hépatectomie partielle) peut être une option dans les cas suivants :

  • Le cancer primitif est maîtrisé.
  • S’il s’agit du cancer colorectal, le foie est le premier siège de propagation et possiblement le seul endroit où le cancer se propage. Le recours à la chirurgie pour retirer les métastases hépatiques peut être très efficace dans certains cas.
  • La chirurgie n’est habituellement pas une option pour les métastases hépatiques quand elles proviennent de cancers plus agressifs comme le cancer du pancréas ou de l’estomac.
  • Il y a seulement une ou quelques métastases et suffisamment de foie indemne.
  • Il y a une forte probabilité de retirer complètement la tumeur au foie tout en maintenant une fonction hépatique satisfaisante pour la personne.
  • La personne peut tolérer la chirurgie.
  • Le foie est de bonne qualité, en effet, la présence d’une autre maladie, comme une cirrhose du foie, pourrait rendre la chirurgie impossible, car une telle maladie altère le foie.

L’étendue de la chirurgie repose sur la taille de la métastase hépatique et sur son emplacement dans le foie. Il est possible d’enlever jusqu’à 75 ou 80 % du foie car c’est un organe capable de se régénérer. La portion restante se développe de nouveau après la chirurgie, ce qui peut nécessiter plusieurs semaines à quelques mois. De plus, à la suite de l’ablation chirurgicale d’un lobe du foie, l’autre prend la relève.

Les personnes atteintes d’un cancer colorectal ont un risque élevé de récidive au foie à la suite de l’ablation chirurgicale d’une métastase hépatique. Dans certains cas, la chirurgie peut être pratiquée de nouveau lorsque les médecins croient que la résection de la métastase est possible, mais cette chirurgie est plus difficile à réaliser.

L’opération peut être effectuée par voie cœlioscopique (plusieurs incisions centimétriques et une incision de 5 cm environ pour extraire du ventre le segment de foie à analyser), parfois une incision classique de l’abdomen (ou laparotomie) peut être nécessaire. Votre chirurgien utilisera la technique qui, dans votre cas, semble la plus indiquée et la plus sûre.

Il existe beaucoup de types d’opérations possibles au niveau du foie (métastasectomies, segmentectomies, bisegmentectomie, hépatectomies). Votre chirurgien discutera avec vous, avant l’intervention, du type de chirurgie qu’il compte probablement réaliser.

Il est important de savoir que différents médecins exerçant dans différentes disciplines (chirurgien, anesthésiste, gastro entérologue, cardiologue, oncologue, radiologue, radiothérapeute, anatomopathologiste) exerçant à la clinique Charcot (Lyon) vont travailler en équipe pour assurer votre traitement, on appelle cela un traitement multidisciplinaire.

Cela garantit la réunion de toutes les compétences indispensables pour que votre traitement soit optimal. Vous serez donc pendant votre traitement mis en contact avec différents médecins exerçant au sein de la clinique Charcot (Lyon).

Le choix du type de traitement dépend de la situation et du stade évolutif de la tumeur maligne, du type de cancer, et de votre état de santé.

Pour déterminer cela, des examens complémentaires seront effectués comme par exemple un scanner, une IRM, une scintigraphie, une colonoscopie, une analyse sanguine, etc…

Après discussion de votre dossier par l’équipe multidisciplinaire, nous discuterons avec vous des résultats de ces différents examens et des suites pour votre traitement. Il vous est possible d’amener un membre de votre famille lors de cette discussion.

Les options thérapeutiques des métastases hépatiques reposent sur les facteurs suivants :

  • Le site d’origine du cancer.
  • La taille et l’emplacement des métastases hépatiques.
  • Le nombre de métastases hépatiques – unique ou multiples.
  • L’état du foie sain c’est à dire qui ne présente pas de métastase(s) hépatique(s).
  • Les symptômes et l’état fonctionnel du foie.
  • Si d’autres régions du corps sont atteintes.
  • Le traitement déjà administré, s’il y a lieu.
  • L’âge et l’état de santé global de la personne.

En fonction du type de cancer primitif, on peut aussi envisager d’autres options dont la chimiothérapie, les thérapies ciblées, et la radiofréquence pour traiter les métastases hépatiques.

On administre parfois une chimiothérapie avant la chirurgie (chimiothérapie néoadjuvante). Par exemple, une personne atteinte d’une métastase hépatique qui ne peut être enlevée chirurgicalement en raison de sa trop grande taille pourra d’abord avoir une chimiothérapie visant à réduire la taille de la tumeur et celle-ci pourra ensuite être enlevée par une chirurgie.

Comment se préparer à une chirurgie du foie pour métastases hépatiques ?

Communiquez votre traitement personnel à votre chirurgien et informez-vous sur les médicaments qui doivent être arrêtés ou au contraire poursuivis pour l’intervention. N’oubliez pas de mentionner les médicaments aussi innocents que l’aspirine car ils peuvent augmenter le risque de saignement.

Si vous êtes allergique à des médicaments bien particuliers (par exemple iode, l’aspirine, les antibiotiques, etc), vous devez le signaler à votre chirurgien et à l’anesthésiste.

Vous rencontrerez le médecin anesthésiste. Il répondra à toutes vos questions concernant l’anesthésie.

Comment se déroule une chirurgie du foie pour métastases hépatiques ?

Après avoir rencontré votre chirurgien, qui a confirmé qu’il fallait bien réaliser cette chirurgie, il vous expliquera les modalités de celle-ci.

Si vous prenez des médicaments de façon quotidienne, vous devez en discuter avec votre chirurgien et votre anesthésiste, qui peuvent souhaiter que vous preniez certains de vos médicaments le matin de l’intervention avec un fond d’eau. Si vous prenez de l’aspirine ou des médicaments pour fluidifier votre sang, dites-le à votre chirurgien et à votre anesthésiste. Si vous êtes diabétique dites-le également.

Pour une chirurgie sur le foie, vous devez être hospitalisé et l’opération est réalisée sous anesthésie générale.

L’équipe de la clinique Charcot (Lyon) vous accueille lors de l’admission, le matin de l’intervention, vérifie les formalités administratives, s’assure qu’il n’y a pas de nouvelles informations et que les consignes données avant l’intervention (douche, jeûne, etc..) ont bien été respectées.

Puis on vous conduit en salle d’intervention au bloc opératoire, votre chirurgien, entouré de son équipe vous accueille, et procède aux vérifications habituelles (identité, respect des consignes, etc..).

L’opération peut être effectuée par voie cœlioscopique (plusieurs incisions centimétriques et une incision de 5 cm environ pour extraire du ventre le segment de foie réséqué et à analyser), parfois une incision classique de l’abdomen (ou laparotomie) peut être nécessaire. Votre chirurgien utilisera la technique qui dans votre cas semble la plus indiquée et la plus sûre.

Il existe beaucoup de types d’opérations possibles au niveau du foie (tumorectomie, segmentectomie, bisegmentectomie, hépatectomies). Votre chirurgien discutera avec vous avant l’intervention du type de chirurgie qu’il compte probablement réaliser.

Pendant l’opération, la partie du foie où se situe la tumeur est enlevée avec une marge de sécurité la plus large possible (en passant à distance de la tumeur).

La durée de l’intervention varie de 2 à 3 heures et dépend de la difficulté que peut rencontrer votre chirurgien en fonction de la complexité du geste à réaliser sur votre foie. Des redons (petits tuyaux) peuvent parfois être mis en place au contact du foie, et seront retirés progressivement.

Une fois réveillé, après quelques heures en salle de réveil, vous regagnez votre chambre. Une infirmière du service s’assure que vous n’avez pas trop mal, que vous n’avez pas de nausées, de vomissement, que progressivement vous reprenez vos esprits. Une collation vous est servie. Votre chirurgien passe en fin de journée s’assurer que vous allez bien, autorise la reprise progressive de l’alimentation (d’abord quelques boissons puis des aliments solides) et vous donne ses constatations et les consignes post-opératoires. Une hospitalisation de 5 à 10 jours est nécessaire.

Il n’y a pas d’opération sans risque. Après une opération du foie, il existe des complications comme les thromboses, le saignement postopératoire, les infections du site opératoire, les lésions aux organes de voisinage ou des infections pulmonaires.

Votre état général peut bien évidemment avoir une influence très importante sur le déroulement de l’opération et sur les risques liés à l’opération. N’hésitez pas à discuter de cela avec votre médecin et n’hésitez pas à lui donner toutes les informations qui pourraient être nécessaires à ce sujet (maladies antérieures, traitements utilisés).

En ce qui concerne la chirurgie du foie, il y a quelques complications spécifiques possibles. Une complication est la fuite de bile (biliome). D’autres complications peuvent survenir : douleur, fatigue, troubles de saignements (hémorragie) ou de coagulation sanguine (thrombose, phlébite, embolie pulmonaire), infection de la plaie (abcès), pneumonie, accumulation anormale de liquide dans l’abdomen (ascite), abcès dans la région située au-dessous du diaphragme (abcès sous-phrénique), hypertension portale et insuffisance hépatique (défaut de fonctionnement du foie qui ne joue plus son rôle de détoxification et de synthèse).

Il est aussi possible que pendant la dissection (d’adhérences ou lors de la libération du côlon adhérant au foie) d’autres organes (le colon) puissent être lésés. Des mesures nécessaires devront être prises pour que chaque saignement ou chaque brèche ou déchirure dans un organe soit réparé d’une façon sûre.

L’énumération de complications qui vient d’être rapportée n’est pas exhaustive, mais elle renseigne sur les complications les plus importantes et les plus fréquentes. Une ré-intervention ou des drainages radiologiques peuvent être nécessaires.

Une opération sur le foie est une opération sérieuse pour laquelle il existe un risque vital pendant le séjour hospitalier. Le risque de l’opération est déterminé par différents facteurs : la localisation et la taille de la tumeur, l’envahissement ou l’essaimage dans d’autres organes, le fait qu’il y ait ou non des complications, votre état général, etc. Il n’est pas facile de déterminer précisément le risque pour chaque patient avant l’opération. En moyenne le risque de mortalité se situe entre 3 et 5%. Si une indication opératoire a été retenue, à l’inverse de la chirurgie esthétique, c’est très vraisemblablement qu’il y aurait plus de risques à surseoir à une intervention (progression de la maladie métastatique). En cas de doute de votre part, n’hésitez pas à demander des précisions à votre chirurgien.

Habituellement, cette intervention est peu douloureuse et la douleur répond bien aux antalgiques simples (paracétamol) qui vous seront également prescrits lors de votre sortie de l’hôpital. Vous pourrez vous lever le soir de l’intervention ou au plus tard le lendemain. Vous pourrez boire dès le soir de l’intervention et progressivement reprendre une alimentation normale. Des analyses sanguines seront réalisées quotidiennement afin de s’assurer que le foie fonctionne bien. Les redons seront progressivement retirés. Parfois une échographie doppler du foie sera réalisée après l’intervention par un radiologue.

Une convalescence peut parfois être nécessaire.

Une fois à domicile, vous pourrez reprendre progressivement vos activités quotidiennes et une activité légère.

Un arrêt de travail de 3 à 4 semaines vous sera prescrit (en tenant compte des particularités de votre travail)

Des douleurs sous les côtes ou vers les épaules peuvent apparaître dès le lendemain de l’intervention. Elles sont dues au gaz nécessaire à la cœlioscopie. Ces douleurs disparaissent toujours en 24-48 heures.

Un mois après l’intervention, vous vous présentez à votre consultation post-opératoire. Votre chirurgien vous autorise alors à reprendre vos activités physiques et sportives.

Vous devez absolument contacter votre chirurgien en cas de fièvre persistante, d’apparition d’une jaunisse, ou de douleurs abdominales qui résistent aux médicaments prescrits après l’intervention, la persistance de nausées, de vomissements, une toux qui persiste, des difficultés respiratoires ou un écoulement par une incision.

A votre sortie, sur les documents remis par votre chirurgien et/ou les infirmières du service figurent les coordonnées téléphoniques du secrétariat de chirurgie et le numéro de téléphone du médecin généraliste de garde (7J/7, 24h/24) exerçant à la clinique Charcot (Lyon). Il pourra, s’il le juge nécessaire, vous hospitaliser. N’hésitez pas à nous contacter.

Reprenez une activité très légère, la marche est autorisée, évitez de conduire pendant 5 jours. Il est normal que la région opératoire soit douloureuse au début et restera sensible quelques temps. Ceci ne doit pas vous empêcher de bouger, marcher et de réaliser les actes de la vie quotidienne.

Pendant votre convalescence :

  1. Précautions
  • Il est conseillé de prendre des douches (le bain est à proscrire pendant un mois).
  • Ne portez pas de charges lourdes (pendant au minimum un mois).
  • Sur prescription de votre anesthésiste : port de bas de contention et anticoagulant.
  • En cas de laparotomie : une ceinture abdominale vous sera prescrite et devra être portée jusqu’à la prochaine consultation.
  • En cas d’exposition au soleil, prévoyez des protections contre les UV (crème écran total) la meilleure solution reste le port de vêtement propre afin de recouvrir la cicatrice.
  • Evitez la pratique du sport jusqu’à la prochaine consultation.
  1. Les pansements
  • Il faut laisser les cicatrices à l’air. Il n’y a pas lieu de faire venir une infirmière.
  • Les fils sur votre cicatrice sont résorbables, ils peuvent être mouillés et disparaîtront seuls. Après votre douche, séchez les cicatrices par tamponnement avec une serviette propre.
  1. Régime alimentaire

L’alimentation peut être reprise sans restriction mais avec modération.

Les résultats de l’examen microscopique de la pièce opératoire vous seront communiqués lors de votre hospitalisation ou lors de la consultation post opératoire à un mois.

Les résultats de l’examen pathologique renseignent sur le type de tumeur et sur son extension. Cela ne préjuge pas des suites et de l’évolution. On a quelquefois, recours à la chimiothérapie après une ablation chirurgicale partielle du foie, dans le but de réduire le risque de récidive du cancer.

Un suivi régulier avec examen clinique, prise de sang et scanner sera organisé.

Fumer augmente le risque de complications chirurgicales. Arrêter de fumer 6-8 semaines avant l’intervention élimine ce risque supplémentaire. Si vous fumez, parlez-en à votre médecin, votre chirurgien et votre anesthésiste ou appelez la ligne Tabac-Info-Service au 39 89 pour vous aider à réduire les risques et mettre toutes les chances de votre côté.
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