Reflux gastro-oesophagien (RGO) et hernie hiatale

Qu’est-ce qu’un reflux gastro œsophagien ?

A l’état physiologique, « normal », le contenu de l’estomac, sécrétions gastriques et aliments, ne «remonte» pas de l’estomac vers l’œsophage. En réalité, il arrive, même à l’état normal, que le contenu gastrique reflue mais brièvement, et que l’œsophage chasse rapidement ce reflux dans l’estomac.

Le reflux gastro-œsophagien (RGO) se définit par le passage intermittent ou permanent d’une partie du contenu acide de l’estomac dans l’œsophage. Cette remontée du liquide gastrique est un phénomène physiologique normal, mais on parle souvent de RGO pour désigner le reflux gastro-œsophagien pathologique, c’est-à-dire avec des symptômes et pouvant provoquer des lésions de l’œsophage. Le RGO est, en effet, une maladie chronique bénigne, mais qui expose à des complications parfois sévères comme une inflammation de l’œsophage (œsophagite).

Qu’est-ce qu’une hernie hiatale ?

Une hernie hiatale (HH) correspond à l’ascension d’une partie de l’estomac dans le thorax, à travers l’orifice hiatal du diaphragme. La disparition d’un segment abdominal d’œsophage, son ascension dans le thorax, est la cause la plus fréquente de survenue d’un RGO.

Comment se manifeste le reflux gastro œsophagien (RGO) ?

Le plus souvent, les signes sont limités à une gêne assez supportable : brûlures épigastriques (au creux de l’estomac), sensation de remontée acide derrière le sternum (pyrosis), voire quelques régurgitations de liquide ou d’aliments dans la bouche. Tous ces signes sont habituellement aggravés par des repas copieux, la flexion du tronc, la position allongée et la surcharge pondérale.

Assez fréquemment, on note des signes respiratoires (infections, accès de toux, surtout nocturnes) par reflux de liquide gastrique dans les bronches ou bien encore ORL (angines, pharyngites, laryngites…)

C’est pour cela qu’au sein de la clinique Charcot (Lyon), les patients adressés pour un RGO bénéficient d’une prise en charge multidisciplinaire avec un bilan complet (pH-métrie, manométrie et endoscopie digestive).

Depuis une dizaine d’années, un consensus s’est fait autour des techniques de fundoplicature.

Elles consistent, après avoir disséqué l’œsophage, à le réintégrer dans l’abdomen, à réaliser une sorte de manchon (nœud de cravate) d’estomac autour de l’œsophage (valve). La partie haute de l’estomac est attirée en arrière de l’œsophage et vient l’envelopper. D’autres gestes sont plus ou moins associés : rétrécissement de l’orifice hiatal, fixation des valves au diaphragme.

Cette chirurgie est réalisée préférentiellement par voie coelioscopique.

Après avoir rencontré votre chirurgien, qui a confirmé qu’il fallait bien opérer votre reflux gastro œsophagien, vous rencontrerez votre anesthésiste qui s’assurera qu’une anesthésie est possible.

Vous devrez être hospitalisé quelques jours (1 à 5 jours).

La veille de l’opération, vous devez rester à jeun à partir de minuit. Si vous prenez des médicaments de façon quotidienne, vous devez en discuter avec votre chirurgien et votre anesthésiste, qui peuvent souhaiter que vous preniez certains de vos médicaments le matin de l’intervention avec un fond d’eau. Si vous prenez de l’aspirine ou des médicaments pour fluidifier votre sang, dites-le à votre chirurgien et votre anesthésiste.

L’équipe de la clinique Charcot (Lyon) vous accueille lors de l’admission, le plus souvent le matin de l’intervention, vérifie les formalités administratives, s’assure qu’il n’y a pas de nouvelle information et que les consignes données avant l’intervention (douche, jeûne, etc..) ont bien été respectées.

Puis on vous conduit en salle d’intervention au bloc opératoire où votre chirurgien et votre anesthésiste entourés de leur équipe vous accueillent et procèdent aux vérifications habituelles (identité, respect des consignes, etc..).

Quand vous serez endormi(e), votre chirurgien aidé d’une caméra et d’instruments passant par des trocarts, va contrôler votre estomac et réaliser une valve anti reflux. La durée de l’intervention varie de 20 à 90 minutes.

Une fois réveillé(e), après quelques heures en salle de réveil, vous regagnez votre chambre. Une infirmière du service s’assure que vous n’avez pas trop mal, que vous n’avez pas de nausées ou de vomissements, que progressivement vous reprenez vos esprits. Une collation vous est servie. Votre chirurgien passe en fin de journée s’assure que vous allez bien et vous donne les consignes postopératoires.

On distingue les complications en rapport avec toute intervention abdominale sous anesthésie générale (infections, hémorragie, douleurs, phlébite et embolie) et celles qui sont propres à la chirurgie du RGO.

Une hémorragie peut survenir, notamment à partir de la rate, pouvant nécessiter son ablation (splénectomie). Des plaies de l’œsophage ou de l’estomac ont été décrites, parfois avec des conséquences graves (péritonite…), un traumatisme des nerfs de l’estomac (les pneumogastriques) peut être la cause d’une paralysie gastrique relative traduite par une digestion difficile.

Après une chirurgie antireflux, vous constaterez, dès les premiers jours, la disparition de vos symptômes, avec arrêt immédiat de tout médicament anti-acide. Cependant, comme votre « valve » antireflux a été renforcée, vous pouvez parfois éprouver des difficultés pour faire passer les aliments dans l’estomac (dysphagie). Cette dysphagie est fréquente et, dans la majorité des cas, elle commence à s’améliorer après 4 à 6 semaines. Nous recommandons donc, en post-opératoire, une alimentation mixée et fractionnée pour 4 semaines environ

Les modifications locales découvertes lors de l’intervention ou l’apparition d’une complication inattendue peuvent conduire votre chirurgien à modifier l’intervention initialement prévue afin de tout mettre en œuvre pour  remédier aux difficultés rencontrées.

L’abord coelioscopique peut être converti en laparotomie (chirurgie classique par une cicatrice généralement sous les côtes à droite ou à cheval sur l’ombilic).

La  liste des complications décrites n’est pas exhaustive, mais il est important de comprendre qu’un des objectifs de la consultation préopératoire est de permettre à votre chirurgien  de mettre en balance les risques que vous prendriez en n’étant pas opéré avec les risques inhérents à une intervention. Si une indication opératoire a été retenue, à l’inverse de la chirurgie esthétique, c’est très vraisemblablement qu’il y aurait plus de risques à surseoir à une intervention.

En cas de doute de votre part, n’hésitez pas à demander des précisions à votre chirurgien.

Habituellement, cette intervention est peu douloureuse et la douleur répond bien aux antalgiques simples (paracétamol) qui vous seront prescrits lors de votre sortie de l’hôpital.

Vous pouvez reprendre progressivement vos activités quotidiennes et une activité légère.

Vous pourrez boire et manger semi liquide dès le lendemain de l’intervention. Pendant un mois, vous devrez observer un régime : éviter les fibres végétales crues dont la digestion nécessite une bonne activité gastrique, fractionner l’alimentation (faire de petits repas, fréquents), manger lentement en mâchant bien.

La durée d’hospitalisation varie entre 1 à 5 jours. Il n’y a pas besoin de convalescence.

Un arrêt de travail de 2 à 4 semaines vous sera prescrit (en tenant compte des particularités de votre travail)

Des douleurs sous les côtes ou vers les épaules peuvent apparaître dès le lendemain de l’intervention. Elles sont dues au gaz nécessaire à la cœlioscopie. Ces douleurs disparaissent toujours en 24-48 heures.

Un mois après l’intervention, vous vous présentez à votre consultation post opératoire. Votre chirurgien vous autorisera alors à reprendre vos activités physiques et sportives.

Vous devez absolument contacter votre chirurgien en cas de fièvre persistante, ou de douleurs abdominales qui résistent aux médicaments prescrits après l’intervention, la persistance de nausées ou de vomissements; une toux qui persiste ou des difficultés respiratoires ou un écoulement par une incision.

A votre sortie, sur les documents remis par votre chirurgien et/ou les infirmières du service figurent les coordonnées téléphoniques du secrétariat de chirurgie et le numéro de téléphone du médecin généraliste de garde (7J/7, 24h/24) exerçant à la clinique Charcot (Lyon). Il pourra, s’il le juge nécessaire, vous hospitaliser. N’hésitez pas à nous contacter.

Pour vous assurer un prompt rétablissement, nous attirons votre attention sur quelques points importants.Reprenez une activité très légère, la marche est autorisée, évitez de conduire pendant 5 jours.Il est normal que la région opératoire soit douloureuse au début et restera sensible quelques temps. Ceci ne doit pas vous empêcher de bouger, marcher et de réaliser les actes de la vie quotidienne. Des douleurs dans les épaules, sous les côtes, sont possibles également. Elles sont liés au gaz nécessaire à la cœlioscopie et doivent disparaître en 2 à 3 jours.

 

  1. Précautions
  • Il est conseillé de prendre des douches (le bain est à proscrire pendant un mois).
  • Ne portez pas de charges lourdes (pendant au minimum un mois).
  • En cas d’exposition au soleil, prévoyez des protections contre les UV (crème écran total) la meilleure solution reste le port de vêtement propre afin de recouvrir la cicatrice.
  • Evitez la pratique du sport jusqu’à la prochaine consultation.
  • Sur prescription de l’anesthésiste: port de bas de contention et anticoagulant.

 

  1. Les pansements
  • Il faut laisser les cicatrices à l’air. Il n’y a pas lieu de faire venir une infirmière.
  • Les fils sur votre cicatrice sont résorbables, ils peuvent être mouillés et disparaîtront seuls. Après votre douche, séchez les cicatrices par tamponnement avec une serviette propre.

 

  1. Régime alimentaire

Pendant un mois, vous devrez observer un régime : éviter les fibres végétales crues dont la digestion nécessite une bonne motricité gastrique, fractionner l’alimentation (faire de petits repas et fréquemment), manger lentement, en mâchant bien et privilégiez pendant un mois une alimentation mixée.

Fumer augmente le risque de complications chirurgicales. Arrêter de fumer 6-8 semaines avant l’intervention élimine ce risque supplémentaire. Si vous fumez, parlez-en à votre médecin, votre chirurgien et votre anesthésiste ou appelez la ligne Tabac-Info-Service au 39 89 pour vous aider à réduire les risques et mettre toutes les chances de votre côté.
Français