Prolapsus

Un prolapsus désigne la « chute » d’un organe, qui, dans le cas du rectum, «tombe» à travers lui- même. Le prolapsus rectal est un affaissement de la paroi du bas rectum qui se détend et se déforme en faisant des gros plis dans le bas du rectum (prolapsus rectal interne), ou sort complétement par l’anus (prolapsus extériorisé ou total).

Le prolapsus peut survenir uniquement à l’effort de défécation et se réduire spontanément ou après réintégration manuelle. Dans les cas plus avancés, il peut survenir au moindre effort physique, à la marche ou en position accroupie, voire devenir permanent. Cet inconfort est aggravé par des émissions de glaires et de sang. Chez près d’un patient sur deux, une constipation entretient et majore le prolapsus du rectum. Une incontinence fécale est rapportée chez une personne sur deux. L’étranglement du rectum à l’extérieur de l’anus, situation très rare, est une urgence chirurgicale.

Il peut s’y associer des lésions antérieures comme une cystocèle (bombement de la vessie dans la face antérieure du vagin), une cystoptose (chute du col de la vessie), parfois associée à une incontinence urinaire ; un prolapsus utérin.

C’est pour cela qu’au sein de la clinique Charcot (Lyon), les patientes adressées pour un prolapsus bénéficient d’une prise en charge multidisciplinaire, avec au terme d’un bilan complet (IRM périnéale, bilan urodynamique), une discussion en équipe pluridisciplinaire.

La rectopexie consiste à fixer la paroi du rectum en intervenant par voie abdominale par le moyen d’une bandelette de tissu synthétique (sans risque de rejet). L’intervention est réalisée sous anesthésie générale, le plus souvent par voie cœlioscopique (petites incisions cutanées sur l’abdomen). Le risque de récidive du prolapsus rectal après rectopexie est très faible (5%). C’est la méthode la plus efficace du traitement du prolapsus rectal et elle améliore les signes qui y sont associés (fausses envies, glaires, incontinence).

Après avoir rencontré votre chirurgien, qui a confirmé qu’il fallait bien opérer votre prolapsus du rectum, vous rencontrerez votre anesthésiste qui s’assurera qu’une anesthésie est possible.

Une telle intervention nécessite un bilan complet, réalisé par une équipe multidisciplinaire incluant des chirurgiens urologues, des gastroentérologues, des médecins rééducateurs et des kinésithérapeutes.

Vous devrez être hospitalisé quelques jours (1 à 5 jours).

La veille de l’opération, vous devez être à jeun à partir de minuit. Si vous prenez des médicaments de façon quotidienne, vous devez en discuter avec votre chirurgien et votre anesthésiste, qui peuvent souhaiter que vous preniez certains de vos médicaments le matin de l’intervention avec un fond d’eau. Si vous prenez de l’aspirine ou des médicaments pour fluidifier votre sang, dites-le à votre chirurgien et votre anesthésiste.

L’équipe de la clinique Charcot (Lyon) vous accueille lors de l’admission, le plus souvent le matin de l’intervention, vérifie les formalités administratives, s’assure qu’il n’y a pas de nouvelle information et que les consignes données avant l’intervention (douche, jeûne, etc..) ont bien été respectées.

Puis on vous conduit en salle d’intervention au bloc opératoire, où votre chirurgien et votre anesthésiste entourés de leur équipe vous accueillent et procèdent aux vérifications habituelles (identité, respect des consignes, etc..).

Lorsque vous serez endormie, votre chirurgien aidé d’une caméra et d’instruments passant par des trocarts, va contrôler votre rectum. Le rectum est tendu et fixé au promontoire à l’aide de bandelettes. La durée de l’intervention varie de 20 à 90 minutes et dépend de la difficulté que peut rencontrer votre chirurgien en fonction de l’état de l’inflammation de la cavité abdominale.

Une fois réveillée, après quelques heures en salle de réveil, vous regagnez votre chambre. Une infirmière du service s’assure que vous n’avez pas trop mal, que vous n’avez pas de nausées, de vomissements, que progressivement vous reprenez vos esprits. Une collation vous est servie. Votre chirurgien passe en fin de journée s’assure que vous allez bien, et vous donne les consignes post-opératoires.

On distingue les complications en rapport avec toute intervention abdominale sous anesthésie générale nécessitant parfois un drainage ou un sondage urinaire (infections, hémorragie, rétention d’urine, douleurs, phlébite et embolie) et celles qui sont propres à la rectopexie et qui concernent principalement la survenue ou l’aggravation d’une constipation.

L’apparition d’une infection sur la bandelette prothétique est une complication exceptionnelle, mais très sérieuse, nécessitant son ablation pour éviter la propagation de l’infection. Des complications pariétales au niveau des cicatrices sont possibles mais bénignes (déhiscence). Une occlusion intestinale sur adhérences intra-abdominales peut survenir comme chez tout patient qui a été opèré de l’abdomen.

Les modifications locales découvertes lors de l’intervention ou l’apparition d’une complication inattendue peuvent conduire votre chirurgien à modifier l’intervention initialement prévue afin de tout mettre en œuvre pour  remédier aux difficultés rencontrées.

L’abord coelioscopique peut être converti en laparotomie (chirurgie classique par une cicatrice généralement sous les côtes à droite ou à cheval sur l’ombilic).

La  liste des complications décrites n’est pas exhaustive, mais il est important de comprendre qu’un des objectifs de la consultation pré-opératoire est de permettre à votre chirurgien  de mettre en balance les risques que vous prendriez en n’étant pas opéré avec les risques inhérents à une intervention. Si une indication opératoire a été retenue, à l’inverse de la chirurgie esthétique, c’est très vraisemblablement qu’il y aurait plus de risques à surseoir à une intervention.

En cas de doute de votre part, n’hésitez pas à demander des précisions à votre chirurgien.

Habituellement, cette intervention est peu douloureuse et la douleur répond bien aux antalgiques simples (paracétamol) qui vous seront prescrits lors de votre sortie de l’hôpital.

Vous pouvez reprendre progressivement vos activités quotidiennes et une activité légère.

Vous pourrez boire et manger dès le soir de l’intervention. Il n’y a pas de régime alimentaire particulier à suivre après une chirurgie pour prolapsus du rectum ou rectopexie.

La durée d’hospitalisation varie entre 1 à 5 jours.

Un arrêt de travail de 2 à 4 semaines vous sera prescrit (en tenant compte des particularités de votre travail)

Des douleurs sous les côtes ou vers les épaules peuvent apparaître dès le lendemain de l’intervention. Elles sont dues au gaz nécessaire à la coelioscopie. Ces douleurs disparaissent toujours en 24-48 heures.

Un mois après l’intervention, vous vous présentez à votre consultation post-opératoire. Votre chirurgien vous autorisera alors à reprendre vos activités physiques et sportives.

Vous devez absolument contacter votre chirurgien en cas de fièvre persistante, ou de douleurs abdominales qui résistent aux médicaments prescrits après l’intervention, la persistance de nausées, de vomissements, une toux qui persiste, des difficultés respiratoires ou à uriner, un écoulement par une incision.

A votre sortie, sur les documents remis par votre chirurgien et/ou les infirmières du service figurent les coordonnées téléphoniques du secrétariat de chirurgie et le numéro de téléphone du médecin généraliste de garde (7J/7, 24h/24) exerçant à la clinique Charcot (Lyon). Il pourra, s’il le juge nécessaire, vous hospitaliser. N’hésitez pas à nous contacter.

Pour vous assurer un prompt rétablissement, nous attirons votre attention sur quelques points importants. Reprenez une activité très légère, la marche est autorisée, évitez de conduire pendant 5 jours. Il est normal que la région opératoire soit douloureuse au début et restera sensible quelques temps. Ceci ne doit pas vous empêcher de bouger, marcher, et de réaliser les actes de la vie quotidienne. Des douleurs dans les épaules, sous les côtes, sont possibles également. Elles sont liées au gaz nécessaire à la coelioscopie et doivent disparaître en 2 à 3 jours.

 

  1. Précautions
  • Il est conseillé de prendre des douches (le bain est à proscrire pendant un mois).
  • Ne portez pas de charges lourdes (pendant au minimum un mois).
  • En cas d’exposition au soleil, prévoyez des protections contre les UV (crème écran total) la meilleure solution reste le port de vêtement propre afin de recouvrir la cicatrice.
  • Evitez la pratique du sport jusqu’à la prochaine consultation.
  • Sur prescription de l’anesthésiste: port de bas de contention et anticoagulant.

 

  1. Les pansements
  • Il faut laisser les cicatrices à l’air. Il n’y a pas lieu de faire venir une infirmière.
  • Les fils sur votre cicatrice sont résorbables, ils peuvent être mouillés et disparaîtront seuls. Après votre douche, séchez les cicatrices par tamponnement avec une serviette propre.

 

  1. Régime alimentaire

L’alimentation peut être reprise sans restriction mais avec modération. Il convient de ne pas être constipé et des laxatifs vous seront prescrits.

Fumer augmente le risque de complications chirurgicales. Arrêter de fumer 6-8 semaines avant l’intervention élimine ce risque supplémentaire. Si vous fumez, parlez-en à votre médecin, votre chirurgien et votre anesthésiste ou appelez la ligne Tabac-Info-Service au 39 89 pour vous aider à réduire les risques et mettre toutes les chances de votre côté.
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