Hémorroïdes

Les hémorroïdes sont des dilatations veineuses situées au niveau de l’anus. La constipation, la grossesse, la déshydratation, le régime épicé ou la station assise prolongée favorisent les poussées hémorroïdaires. Les hémorroïdes peuvent être à l’origine de sang dans les selles, de douleurs anales, d’une extériorisation d’un paquet hémorroïdaire qui devient palpable ou la formation d’un caillot douloureux dans les veines hémorroïdaires. La maladie hémorroïdaire n’est pas un facteur de risque de cancer colorectal. Les rapports anaux ne déclenchent pas une maladie hémorroïdaire. L’évolution après poussée hémorroïdaire ou chirurgie hémorroïdaire peut être la formation de marisque qui correspondent à des replis cutanés sur la marge anale qui sont sans gravité.

Boire régulièrement de l’eau, avoir une alimentation riche en fibres, éviter les épices peut permettre d’éviter une crise hémorroïdaire.

La plupart des crises hémorroïdaires répondent favorablement à un traitement médical (médicaments contre la douleur, anti-inflammatoires, laxatifs, rappel des règles hygiéno-diététiques). Finalement, seul 15% des patients seront opérés notamment après échec des traitements médicaux ou instrumentaux.

Votre chirurgien sera à même de vous proposer la technique qui correspond au mieux à votre situation :

  • Hémorroïdectomie selon Milligan Morgan qui permet la résection des 3 paquets hémorroïdaires, avec ligature de l’artère les vascularisant et conservation de ponts muqueux permettant une bonne cicatrisation. La cicatrisation des plaies d’exérèse des paquets hémorroïdaires peut nécessiter 4 à 6 semaines.
  • Hémorroïdopexie selon Longo, cette technique plus récente, permet une section et un ré agrafage des paquets hémorroïdaires qui seront ainsi repositionnés. Cette technique ayant l’avantage de ne pas laisser de plaie opératoire, elle est également peu douloureuse.

Chacune des techniques a ses avantages et ses inconvénients :

  • Le Longo est moins douloureux qu’un Milligan Morgan
  • Le risque de saignement post opératoire est plus important après un Milligan Morgan
  • En terme d’efficacité, le Longo peut nécessiter une nouvelle intervention pour traiter un paquet hémorroïdaire récalcitrant
  • La perception du contenu anal peut être altérée après un Longo
  • Le Milligan Morgan par un excès de cicatrisation des plaies peut être à l’origine d’un rétrécissement du canal

En tenant compte de vos antécédents, de votre maladie hémorroïdaire, votre chirurgien pourra vous proposer l’intervention qui correspond au mieux à votre situation au cours d’une chirurgie réalisée sous anesthésie générale en ambulatoire (Longo) ou avec une nuit d’hospitalisation post-opératoire (Milligan Morgan).

Après avoir rencontré votre chirurgien, qui a confirmé qu’il fallait bien traiter chirurgicalement vos hémorroïdes, vous rencontrerez votre anesthésiste qui s’assurera qu’une anesthésie est possible. Une coloscopie sera réalisée afin de s’assurer que le saignement a bien pour origine une maladie hémorroïdaire.

La veille de l’opération, vous devez être à jeun à partir de minuit. Si vous prenez des médicaments de façon quotidienne, vous devez en discuter avec votre chirurgien et votre anesthésiste, qui peuvent souhaiter que vous preniez certains de vos médicaments le matin de l’intervention avec un fond d’eau. Si vous prenez de l’aspirine ou des médicaments pour fluidifier votre sang, dites-le à votre chirurgien et votre anesthésiste.

L’équipe de la clinique Charcot (Lyon) vous accueille lors de l’admission, le matin de l’intervention, vérifie les formalités administratives, s’assure qu’il n’y a pas de nouvelles informations et que les consignes données avant l’intervention (douche, jeûne, etc..) ont bien été respectées.
Puis on vous conduit en salle d’intervention au bloc opératoire, où votre chirurgien et votre anesthésiste entourés de leur équipe vous accueillent et procèdent aux vérifications habituelles (identité, respect des consignes, etc..).

Lorsque vous serez endormi(e), votre chirurgien aidé d’une infirmière, va traiter vos hémorroïdes. La durée de l’intervention varie de 20 à 45 minutes et dépend de l’importance et du retentissement de votre maladie hémorroïdaire. Une anesthésie locale (blocs puddendaux) est systématique réalisée afin de limiter la douleur liée à l’intervention.

Une fois réveillé(e), après quelques heures en salle de réveil, vous regagnez votre chambre. Une infirmière du service s’assure que vous n’avez pas trop mal, que vous n’avez pas de nausées, de vomissements, que progressivement vous reprenez vos esprits. Une collation vous est servie. Votre chirurgien passe en fin de journée s’assurer que vous allez bien, autorise votre sortie le cas échéant et vous donne les consignes post-opératoires.

Habituellement, la douleur répond bien aux antalgiques simples (paracétamol et anti inflammatoire) qui vous seront prescrits lors de votre sortie de l’hôpital. Des conseils diététiques vous seront donnés lors de votre sortie afin d’assurer une reprise du transit confortable.

Vous pourrez reprendre progressivement vos activités quotidiennes et une activité légère (marcher le soir de l’intervention, conduire 4 à 5 jours après l’intervention)

Vous pourrez boire et manger dès le soir de l’intervention.

Un arrêt de travail de 1 à 4 semaines vous sera prescrit (en tenant compte des particularités de votre travail et du type d’intervention réalisé).

Aucun soin infirmier n’est nécessaire après l’intervention. Lorsqu’une intervention de type Milligan Morgan a été réalisée des soins locaux par bain de siège sont à faire.

Un mois après l’intervention, vous vous présentez à votre consultation post opératoire. Votre chirurgien vous autorisera alors à reprendre vos activités physiques et sportives.

Vous devez absolument contacter votre chirurgien en cas de fièvre persistante, de saignements abondants, de douleurs qui résistent aux médicaments prescrits après l’intervention, la persistance de nausées, de vomissements ou des difficultés à uriner. En cas de doute, n’hésitez pas à en parler.

A votre sortie, sur les documents remis par votre chirurgien et/ou les infirmières du service figurent les coordonnées téléphoniques du secrétariat de chirurgie et le numéro de téléphone du médecin généraliste de garde (7J/7, 24h/24) exerçant à la clinique Charcot (Lyon). Il pourra, s’il le juge nécessaire, vous hospitaliser. N’hésitez pas à nous contacter.

Il faut maintenir la région anale aussi propre que possible. Après chaque selle, idéalement prendre une douche et sécher délicatement. Des soins infirmiers vous seront parfois prescrits. L’utilisation de lingettes hygiéniques peut être utile. Une gêne, des démangeaisons ou un écoulement peut persister pendant quelques jours. Il ne faut pas être constipé, des laxatifs vous seront prescrits et vous devez enrichir votre alimentation en fibres.

Pour vous assurer un prompt rétablissement, nous attirons votre attention sur quelques points importants. Reprenez une activité très légère, la marche est autorisée, évitez de conduire pendant 5 jours. Il est normal que la région opératoire soit douloureuse au début et restera sensible quelques temps. Ceci ne doit pas vous empêcher de bouger, marcher et de réaliser les actes de la vie quotidienne. Des douleurs dans les épaules, sous les côtes, sont possibles également. Elles sont liées au gaz nécessaire à la coelioscopie et doivent disparaître en 2 à 3 jours.

Fumer augmente le risque de complications chirurgicales. Arrêter de fumer 6-8 semaines avant l’intervention élimine ce risque supplémentaire. Si vous fumez, parlez-en à votre médecin, votre chirurgien et votre anesthésiste ou appelez la ligne Tabac-Info-Service au 39 89 pour vous aider à réduire les risques et mettre toutes les chances de votre côté.
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