Condylomes anaux

Les condylomes anaux sont des lésions cutanées contagieuses dues à des virus (les papillomavirus ou HPV). L’infection par HPV est extrêmement fréquente et peut se manifester sous la forme de condylomes plans ou de verrues en relief, qui se localisent au niveau anal comme au niveau génital ou buccal. La transmission du virus est fréquemment (mais pas systématiquement) de nature sexuelle. Les condylomes peuvent siéger autour de l’anus, mais aussi dedans. Un examen systématique du canal anal par anuscopie est donc nécessaire.

En cas d’échec du traitement médical ou de l’application d’azote liquide qui ont pu éventuellement être tentés selon la taille ou la localisation des lésions, les condylomes anaux pourront être détruits de façon physique par électrocoagulation au bistouri électrique ou au laser. Le but de la destruction de ces lésions est, d’une part de supprimer des lésions disgracieuses, d’autre part de limiter les risques de contamination de partenaires sexuels et enfin de prévenir le risque d’évolution vers un cancer de l’anus lié à certains types de HPV. Le risque de récidive est cependant élevé : de l’ordre de 30% après une première intervention en l’absence d’infection VIH et de 60% chez les patients séropositifs VIH. Plusieurs interventions peuvent être nécessaires pour venir à bout de cette infection. Seul un suivi régulier permet d’obtenir la disparition complète des lésions.

Comment se déroule la chirurgie pour condylomes anaux ?

La chirurgie se déroule en ambulatoire sous anesthésie. Il s’agit de détruire les lésions visibles au bistouri électrique ou au laser. L’intervention peut être réalisée en consultation, éventuellement sous anesthésie locale, lorsqu’il y a peu de lésions. En revanche, en cas de lésions plus étendues, notamment dans l’anus, l’intervention sera réalisée au bloc opératoire sous anesthésie générale ou loco-régionale.

Après avoir rencontré votre chirurgien, qui a confirmé qu’il fallait bien traiter chirurgicalement vos condylomes, vous rencontrerez votre anesthésiste qui s’assurera qu’une anesthésie est possible.

La veille de l’opération, vous devez être à jeun à partir de minuit. Si vous prenez des médicaments de façon quotidienne, vous devez en discuter avec votre chirurgien et votre anesthésiste, qui peuvent souhaiter que vous preniez certains de vos médicaments le matin de l’intervention avec un fond d’eau. Si vous prenez de l’aspirine ou des médicaments pour fluidifier votre sang, dites-le à votre chirurgien et votre anesthésiste.

L’équipe de la clinique Charcot (Lyon) vous accueille lors de l’admission, le matin de l’intervention, vérifie les formalités administratives, s’assure qu’il n’y a pas de nouvelle information et que les consignes données avant l’intervention (douche, jeûne, etc..) ont bien été respectées.
Puis on vous conduit en salle d’intervention au bloc opératoire, où votre chirurgien et votre anesthésiste entourés de leur équipe vous accueillent et procèdent aux vérifications habituelles (identité, respect des consignes, etc..).

Lorsque vous sere endormi(e), votre chirurgien aidé d’une infirmière, va traiter vos condylomes. La durée de l’intervention varie de 20 à 45 minutes et dépend de l’importance et du retentissement de vos condylomes. Une anesthésie locale (blocs puddendaux) est systématique réalisée afin de limiter la douleur liée à l’intervention.

Une fois réveillé(e), après quelques heures en salle de réveil, vous regagnez votre chambre. Une infirmière du service s’assure que vous n’avez pas trop mal, que vous n’avez pas de nausées, de vomissement, que progressivement vous reprenez vos esprits. Une collation vous est servie. Votre chirurgien passe en fin de journée s’assure que vous allez bien, autorise votre sortie le cas échéant et vous donne les consignes post-opératoires.

Habituellement, la douleur répond bien aux antalgiques simples (paracétamol et anti inflammatoire) qui vous seront prescrits lors de votre sortie de l’hôpital. Des conseils diététiques vous seront donnés lors de votre sortie afin d’assurer une reprise du transit confortable. Vous pourrez reprendre progressivement vos activités quotidiennes et une activité légère (marcher le soir de l’intervention, conduire 4 à 5 jours après l’intervention)

Vous pourrez boire et manger dès le soir de l’intervention.

Un arrêt de travail de 1 à 7 jours vous sera prescrit (en tenant compte des particularités de votre travail et de l’intervention réalisée) puis vous serez autorisé à reprendre vos activités physiques et sportives.

Vous devez absolument contacter votre chirurgien en cas de fièvre persistante, de saignements abondants, de douleurs qui résistent aux médicaments prescrits après l’intervention, la persistance de nausées, de vomissements ou des difficultés à uriner. En cas de doute, n’hésitez pas à en parler.

A votre sortie, sur les documents remis par votre chirurgien et/ou les infirmières du service figurent les coordonnées téléphoniques du secrétariat de chirurgie et le numéro de téléphone du médecin généraliste de garde (7J/7, 24h/24) exerçant à la clinique Charcot (Lyon). Il pourra, s’il le juge nécessaire, vous hospitaliser. N’hésitez pas à nous contacter.

Les soins postopératoires sont simples (nettoyage avec un savon ou un antiseptique à la douche ou en bains de siège, application éventuelle de crème ou de pommade…) et le plus souvent ne nécessitent pas l’intervention d’une infirmière. Ces soins vous seront détaillés par votre chirurgien.
Fumer augmente le risque de complications chirurgicales. Arrêter de fumer 6-8 semaines avant l’intervention élimine ce risque supplémentaire. Si vous fumez, parlez-en à votre médecin, votre chirurgien et votre anesthésiste ou appelez la ligne Tabac-Info-Service au 39 89 pour vous aider à réduire les risques et mettre toutes les chances de votre côté.
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